De l'Esclavage au Travail
Dans « L’Epopée de Gilgamesh » écrite 3500 ans avant notre ère, 2000 ans avant la Bible, des dieux venus du ciel ont créé les hommes pour être leurs esclaves.
C’est l’été. On s’est dorés au soleil. On a marché dans l’eau, nagé un peu, joué au ballon ou à la balle. Les enfants ont construit des châteaux éphémères. On n’a pas trop mal mangé… et pas de vaisselle… pas de télé.
On déambule maintenant, une glace à la main, sur la longue promenade entre les restaurants et la mer. On ne sait pas trop quoi faire. Voir, entendre, rire des uns et des autres, sortir quelques blagues… loin du travail, et des soucis du quotidien.
Ce moment de liberté et de tranquillité pourrait être l’occasion de réfléchir sur ces 11 mois de l’année, passés dans les chaînes du "travail", de cet emploi, à préserver coûte que coûte afin seulement de survivre. Les trois quarts de son temps consacrés à la corvée, sauf pour les "privilégiés" et les rares individus animés d’une "passion" et non de l’obligation.
« Il suffit de faire un peu d’histoire pour réaliser que la relative autarcie dans laquelle vivaient bien des populations, notamment rurales, par le passé, n’impliquait pas nécessairement la fermeture d’esprit et la misère noire. Par exemple, au milieu du XIXe siècle, le Doubs était un département "aux limites de l’aisance", se suffisant à lui-même. » Matthieu Amiech et Julien Mattern, Le cauchemar de Don Quichotte.
« L’âge de pierre fut un âge d’abondance », Marshall Salhins (L’économie des sociétés primitives).
Le paléoanthropologue Pascal Picq, dans De Darwin à Lévi-Strauss, montre que les cueilleurs chasseurs ne « travaillaient » que deux heures par jour ! Certes, il y a 50 000 ans, la Terre comptait moins d’un million d’êtres humains.
« C'est ce que nous vivons qui est irréaliste. Ce qui est irréaliste c'est qu'un homme à la tête bien faite continue à aller chaque jours, années après années à un travail qu'il déteste, retrouvant ensuite une maison qu'il déteste et une femme aussi inapte que lui à supporter une situation pareille. Et le pire dans tout ça, c'est que toute notre existence est basée sur la grande promesse que nous sommes différents, très supérieurs, au-dessus de tout ça. Mais c'est une erreur. Nous sommes comme tout le monde, regarde-nous, on s'est laissés emporter dans ce système, dans cette illusion absurde, ce mensonge qui veut qu'on doive renoncer à vivre, qu'on doive se ranger au moment où on a des enfants. Et nous nous punissons l'un l'autre pour ça ». Réplique de Les Noces rebelles, l'adaptation au cinéma par Sam Mendes, du roman "Revolutionary Road", de Richard Yates, publié en France sous le titre La Fenêtre panoramique en 1961.
« Dieu et l’Etat, le travail et les loisirs, le foyer et la famille, le sexe et le jeu… [ne sont pas] des faits naturels mais des constructions idéologiques : des choses qui ont été fabriquées et, par là -même, peuvent être modifiées, voire totalement abolies. Il devient possible de les considérer comme de mauvaises blagues… Rien n’est vrai excepté notre conviction que le monde qu’on nous demande d’accepter est faux ». Greil Marcus, Lipstick Traces.






